La capsule historique de MJT Larose

Steve Larose, aujourd’hui directeur marketing de l’entreprise familiale MJT Larose et vice-président du regroupement des gens d’affaires de la Basse-Lièvre, travaille sans relâche pour assurer la suite de la compagnie fondée par son grand-père, Fidèle Larose. Fidèle a été l’instigateur du fameux Encan Larose, en 1959. À la base, ce que l’on connait aujourd’hui comme un marché aux puces était un véritable encan à la criée où l’on vendait surtout des animaux.

Selon ce que Steve Larose a entendu comme histoire, à cette époque, les commerçants cherchant à se démarquer s’attribuaient des noms d’entreprise anglais, comme si la langue anglaise avait été un gage de fiabilité, ou alors de croissance et développement. Dans le cas de son grand-père, il avait lui-même nommé son commerce “Larose live stock”.

Pourtant, la très grande majorité de la clientèle était locale et francophone. Certes, Steve souligne que son père se souvient bien avoir livré du bétail jusqu’en Alberta, alors qu’il était tout jeune. Mais les producteurs de bétails, les abattoirs qui venaient chercher les bêtes provenaient des régions aux alentours. Ainsi, on se trouvait dans un contexte où des francophones faisaient du commerce avec, la majorité du temps, d’autres francophones, mais où l’anglais donnait apparemment une saveur plus “sérieuse” à la business. Selon Steve Larose, présenter un nom d’entreprise anglais devenait ni plus ni moins un avantage concurrentiel.

Par la suite, la deuxième génération composée de son père Michel ainsi que ses oncles Jean et Tony (d’où le MJT Larose) ont pris la relève, et maintenant, c’est Steve et son frère Sébastien qui poursuivent les affaires. Évidemment, la société a changé, la vision face au français aussi, les changements ont été progressifs, sans qu’on ait besoin de prendre des décisions drastiques.

Comme dans tous les domaines, la clientèle commençait à transiger de plus en plus en français, il n’était plus au goût du jour d’avoir forcément une parure de langue anglaise pour faire des affaires. Dans la foulée de cette tangente francophone, l’encan est devenu le Marché de l’Encan Larose, et c’était alors plus un marché aux puces tel qu’on le connait maintenant. “La clientèle est mixte, on met le français en avant, on le fait quand même avec une certaine fierté”.

Au marché aux puces, une grande part de clients et de locateurs de nos espaces étaient des immigrants provenant de Montréal, souvent assez nouvellement arrivés. Leurs contacts à l’international devaient les pousser facilement vers l’import-export pour un commerce rapide, lorsqu’ils arrivaient ici. Bien sûr, ceux-ci utilisaient souvent l’anglais.

Mais, petit à petit, on a vu de plus en plus d’immigrants de deuxième génération qui ont été scolarisés en français et pour qui travailler dans notre langue ne pose aucun problème. Et même, après des décennies passées ici, les premiers immigrants devenus plus âgés ont fini aussi, bien plus qu’on le pense, à se débrouiller en français. Alors c’est un effort qui vaut la peine d’être fait, de continuer à parler en français. Ça porte ses fruits.

Dans la foulée de la diversification de l’entreprise est aussi né, en 1988, avec la volonté de toujours mieux servir sa clientèle, le Bar de l’Encan. Et bien que ça ne soit pas sa principale vocation, au fil des ans, l’endroit a permis à de nombreux artistes de se produire et a ouvert ses portes aux chansonniers québécois. Par exemple, nous ferons un hommage à Bob Bissonnette, ancien hockeyeur, ou encore, le 11 mars prochain, le bar accueillera le groupe de musique traditionnelle québécoise Le diable à cinq. D’une certaine manière, MJT Larose fait sa part dans la promotion de la langue française et ne se cache pas d’être “ancré dans la musique québécoise”.

L’affichage est donc représentatif d’une réalité de commerce et d’affaires en français, tout simplement. “Présentement, on ne publicise même pas en anglais!” Bien sûr le site Internet présente une version anglaise, mais partout sur les réseaux sociaux, tout se fait en français.

Comme quoi, de nos jours, pas besoin de l’anglais pour brasser des affaires. Les affaires, ça se fait très bien en français!

« Le français, notre carte d’affaires »

 Avec la contribution financière de l’Office québécois de la langue française

 
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